Accompagnement occupationnel et observation


Sombaille 8
2300 La Chaux-de-Fonds
Tél. +41(0)32.967.65.30
sjmj@ne.ch


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FICHE SIGNALÉTIQUE

Lieu La Préformation et le Job-Coaching se trouvent à Sombaille 8, dans des locaux entièrement refaits à neuf en 2012.
Public Jeunes en fin de scolarité obligatoire ayant des difficultés d’orientation, de motivation, d’apprentissage et/ou de vie, le dénominateur commun étant la difficulté à entrer dans un processus de formation professionnelle.
Mission La Préformation consiste en une orientation professionnelle et une préparation à la formation professionnelle proprement dite, le Job-Coaching en un suivi pendant l’apprentissage.
Conditions d’admission
  • Avoir terminé sa scolarité obligatoire,
  • Être âgé de moins de 18 ans,
  • Rencontrer des difficultés justifiant cette mesure,
  • Avoir envie d’entreprendre une formation.

La décision de l’admission d’un élève à la Préformation se fait en collaboration avec l’Office de Protection de l’Enfant (OPE) et/ou l’office de l’assurance invalidité (OAI).

Type de suivi Externat, classe et ateliers
Capacité d’accueil
  • Préformation : 12 places (dont 4 sont réservées aux statuts « AI ») + 2 places d’observation
  • Job-coaching : 8 à 10 places
Équipe pédagogique Elle est composée de trois maîtres socioprofessionnels (pour l’équivalent de 2.5 EPT) et d’un éducateur enseignant (pour l’équivalent d’1 EPT).

PHOTOS

Portrait

Le contexte socio-économique exige sans cesse de nouvelles compétences. Face à cette nécessaire mobilité d’esprit et de corps, les plus démunis se retrouvent exclus du marché de l’emploi. Arrivés au terme de leur scolarité obligatoire, des jeunes filles et jeunes gens confrontés à des problèmes socioprofessionnels et/ou éducatifs et sans formation professionnelle de base éprouvent de grandes difficultés à trouver un emploi ou un apprentissage. La Préformation offre à ces jeunes la possibilité d’acquérir les gestes et les connaissances indispensables à une intégration professionnelle future.

Elle les prépare à s’insérer dans le monde du travail et les familiarise à ses exigences par le biais de travaux pratiques, scolaires et techniques en relation avec leurs désirs et leurs compétences. Ces travaux sont élaborés en relation avec le tissu économique local. L’encadrement professionnel collabore par ailleurs activement avec les parents et les services psychologiques compétents.

Les prestations de la Préformation durent le temps nécessaire à l’insertion recherchée ; un passage dans cette structure peut ainsi varier de quelques mois à deux ans. Cependant, la prolongation de la Préformation au-delà de douze mois est conditionnée par une progression de l’élève, un intérêt de ce dernier et l’accord de toutes les personnes significatives.

Une priorité est accordée aux jeunes résidents de la Fondation ou d’autres institutions du Canton. Toutefois, les jeunes qui ne sont pas placés peuvent aussi être admis sur préavis de l’Office de Protection de l’Enfant (OPE) ou de l’Office de l’assurance invalidité (OAI).

Les horaires sont de type scolaire : tous les matins et après-midis, sauf le mercredi. Les cours se partagent entre un atelier technique, un atelier cuisine et une classe. Des activités culturelles ou sportives à l’extérieur ponctuent également la semaine.

Durant toute la période d’accompagnement du jeune, des relations étroites et régulières sont entretenues avec les membres du réseau (parents, assistant social, intervenant familial, etc.) dans un esprit de collaboration, de partenariat et de complémentarité. Des bilans réunissant ces différentes parties ont par ailleurs lieu selon besoin, mais au minimum deux fois par an.

Les statuts AI

Suite à une expérience pilote concluante menée depuis 2013, et avec l’accord du Services des Institutions pour Adultes et Mineurs (SIAM) et le soutien de l’office de l’AI, la Préformation prend aussi en charge des jeunes reconnus par l’AI, mais ne disposant pas de solution d’accueil et/ou de formation, en vue d’une évaluation et d’une orientation. Contrairement aux autres prestataires, l’accueil de ces jeunes est financé par l’AI.

Les places d’observation

La Préformation propose aussi deux places en observation (cf. première phase ci-dessous) pour des jeunes en rupture. L’observation dure six semaines. Il s’agit d’offrir au réseau qui prend ces jeunes en charge un retour sur leurs capacités et des propositions quant à un possible développement futur.

Déroulement de l’année de préformation

Première phase : l’observation

L’élève, durant une première phase de six semaines, réalise différents exercices pratiques dont le but est d’évaluer ses acquis cognitifs, ses facultés d’apprentissage et son comportement au travail, de lui enseigner différentes techniques et de susciter chez lui des intérêts concernant le monde professionnel. Il s’agit de le plonger dans un contexte de travail et de le sensibiliser à des exigences de production qualitative. Le respect des exigences est nuancé en fonction des aptitudes du jeune, mais elles restent nettement axées sur des notions professionnelles.

Le travail proposé se compose dans un premier temps d’exercices très simples de traçage, d’initiation au dessin technique, d’usinage à l’aide de machine outils, de travaux d’horlogerie, de traitement de textes, de dactylographie et de pratiques sportives et culturelles, le tout complété par des travaux scolaires qui reprennent les fondamentaux et les bases, à partir de l’endroit où l’élève a bloqué en classe.

Cette première approche permet de faire connaissance et d’établir un bilan de compétences réelles et supposées. Les bilans établis par les conseillers en orientation s’avèrent très utiles à cet égard, car ils permettent de confirmer des observations au sujet du potentiel des élèves et d’ouvrir des pistes de réflexion.

Les exercices demandés offrent la possibilité de situer le niveau de compréhension de l’élève. Nous observons ses facultés de concentration, d’anticipation et de compréhension des consignes. Nous attachons de l’importance à la faculté de raisonnement et d’analyse en situation de travail. La rapidité et la vitesse d’exécution sont secondaires, pour autant qu’il n’y ait pas de lenteur particulière. Il s’agit de procéder à un bilan de compétences dans un processus dynamique d’observations et de discussions.

Régulièrement, nous nous entretenons aussi avec le jeune au sujet de ses motivations et de ses intérêts, de ses plaisirs, de sa vie, de sa famille, de ses doutes et de ses questions. Ces entretiens réguliers sont prioritaires dans notre démarche : ils sont le gage d’une réflexion du jeune sur son évolution, de l’acquisition d’une sécurité intérieure et d’un lien fondamental qui permet l’accompagnement, même dans des moments plus conflictuels.

Le travail sur les compétences sociales est très important et se décline à travers les entretiens et les attitudes éducatives d’accompagnement, d’encouragement, de requalification et de revalorisation, mais aussi de non-acceptation des comportements inappropriés, terreau fertile d’évolution quand il est nourri de respect et de reconnaissance de la personne là où elle en est, dans une relation de confiance.

Au terme de cette première phase, les membres du réseau se réunissent afin de poser une évaluation et de déterminer une pré-orientation. Il s’agit également, et en particulier, de définir si l’élève peut envisager une formation conventionnelle ou si d’autres pistes sont à considérer.

A la suite de ce bilan, un contrat est signé entre les personnes concernées.

Deuxième phase : l’acquisition de connaissances et de pratiques

Une fois la phase d’observation terminée, la formation proprement dite peut commencer. Celle-ci se compose d’activités scolaires et de culture générale, de pratiques en atelier et d’activités de sensibilisation aux usages sociaux.

En classe, l’élève complète ses notions scolaires (maths, géométrie, français, culture générale, géographie, histoire) en repartant des bases, qu’il faut généralement reprendre et renforcer.

L’enseignement aborde les apprentissages au travers d’exemples concrets et parlants pour les élèves, qui ne font que rarement le lien entre les notions apprises et leurs applications pratiques. Une grande place est donnée aux stratégies d’apprentissage et aux moyens de résoudre les difficultés rencontrées (apprendre à apprendre), chacun confrontant ses approches dans une dynamique d’enrichissement mutuel. Cela s’avère particulièrement fructueux dans les matières techniques (maths, géométrie), où les stratégies font souvent défaut.

Parallèlement aux branches techniques, l’enseignant vise une ouverture au monde à travers des thèmes d’ordre général : la création géologique de la Terre, l’évolution de notre espèce, les grandes civilisations, les phénomènes climatiques, le cycle des saisons, etc. Le but visé est de permettre au jeune de s’inscrire dans un système plus vaste où il a son rôle à jouer.

Une démarche d’autonomisation est également travaillée par rapport aux sujets de la vie quotidienne : faire ses paiements, tenir un budget, gérer ses loisirs, sa santé et ses relations, comprendre les systèmes politiques et économiques dans lesquels on évolue, etc.

Le français est travaillé à travers des discussions, des débats, des études d’articles de journaux, des lectures ou des rédactions sur un thème qui préoccupe les jeunes ou un fait de société. Cela permet de travailler les compétences sociales et de développer la conscience citoyenne. C’est une condition sine qua non pour que le jeune mette du sens dans ses apprentissages et en accepte aussi les désagréments.

Le jeu de stratégie est beaucoup employé comme outil d’apprentissage : relation à la frustration, au respect des règles, rapport avec les autres, stratégies d’organisation, de déduction, etc.

Un cuisinier professionnel travaille avec les jeunes à la réalisation de repas et de tout ce que cela implique : tenue d’un budget, choix du menu, achats, réalisation du repas, service et nettoyages.

Deux axes sont travaillés à travers cette activité. D’une part, le jeune apprend à réaliser des repas « familiaux » dans une perspective d’autonomie en appartement privé (équilibre budgétaire, santé alimentaire, plaisir de la table, variété et ouverture à la diversité, etc.). Le repas pris en commun offre l’occasion de constater de visu le résultat de son travail et d’en tirer une fierté méritée. D’autre part, le jeune est mis en situation de production et de service avec des tiers (banquets, fêtes, stands de nourriture lors de fêtes, service traiteur, etc.) dans le but de le confronter à l’exigence d’un service professionnel de qualité ainsi qu’à une bonne attitude sociale dans ce contexte.

En atelier, deux maîtres socioprofessionnels conduisent différents travaux dont le but est d’apprendre des notions élémentaires dans les techniques abordées, de développer des attitudes professionnelles et de sensibiliser les jeunes à différents métiers.

De façon à répondre à un large éventail d’intérêts, Sombaille Jeunesse – Maison des Jeunes Préformation offre la possibilité aux jeunes de s’exercer à des travaux techniques tels qu’usinage mécanique, électronique, menuiserie, bijouterie, horlogerie et sérigraphie, ou de s’initier à quelques principes de base dans les branches commerciales. Certains apprentissages ont un caractère obligatoire, comme la métrologie, le traçage, l’utilisation des outils à mains conventionnels, le dessin assisté par ordinateur, des connaissances de base de l’utilisation d’un ordinateur personnel et la technique de coupe au scalpel. À cela s’ajoute la possibilité pour chacun d’apprendre à utiliser différents logiciels utiles à la création d’une page internet.

Les travaux proposés sont en relation avec le contexte économique régional. La Chaux-de-Fonds s’inscrit dans un tissu industriel horloger et mécanique. Ce tissu s’est diversifié, mais il nous paraît indispensable que nos élèves soient familiarisés avec les techniques en lien avec ces métiers. Ce qui n’exclut pas, bien sûr, tous les autres (secteur tertiaire, par exemple).

Des activités extérieures, culturelles et sportives variées sont régulièrement organisées dans le but de sensibiliser l’élève aux comportements sociaux adéquats, de susciter chez lui des intérêts personnels et d’élargir sa perception du monde.

Par ailleurs, l’élève est aussi sollicité afin de proposer un travail personnel à réaliser, sous la forme de la création d’un objet. Le choix de ce projet sera suffisamment consistant pour offrir la possibilité d’enseigner des bases de technologie et d’exercer des éléments de pratique et de théorie professionnelle d’un ou de plusieurs métiers. Au-delà de cette exigence, les élèves peuvent donner libre cours à leur imagination. Les idées de projet peuvent ainsi aller de la conception d’une guitare électrique à la dissection d’un poulet, en passant par la construction d’un jeu de char ou d’un télescope… Le projet a pour objectif essentiel de servir de révélateur des compétences des jeunes.

Durant la réalisation de ce projet, le jeune, en plus des techniques de travail, apprend à respecter et à se conformer aux usages conventionnels du monde professionnel. La recherche de précision et la valorisation de la responsabilité individuelle font partie des objectifs à atteindre. Au travers de ces activités, l’élève sera sollicité afin de faire émerger les prémices d’une autonomie créative et responsable.

Pendant cette deuxième phase, les préformateurs observent quotidiennement l’évolution des connaissances du jeune, la progression de ses apprentissages et son comportement au travail. Ces observations sont mises en relation avec les intérêts de l’élève et ses possibilités d’apprentissage.

Troisième phase : la préparation au métier choisi

Lorsqu’il y a une cohérence suffisamment grande entre ces différents paramètres (intérêts, aptitudes et comportement conforme aux usages), l’élève réalise un stage professionnel dans un métier correspondant à cette cohérence. Si l’orientation se confirme, il procédera à la recherche d’une place d’apprentissage ou de travail dans ce domaine. Enfin, il terminera sa période de préformation par une préparation spécifique au métier choisi.

Lors de cette phase, la structure de la formation reste la même mais chaque préformateur axe son travail avec l’élève sur les connaissances spécifiques nécessaires à la pratique du métier de son choix.

Quatrième phase (optionnelle) : le Job-Coaching

Dans certaines situations, le jeune ne bénéficie pas, pendant sa période d’apprentissage, du soutien et du cadre nécessaires à sa réussite. Nous en sommes donc arrivés à proposer aux jeunes qui en font la demande et qui en présentent un réel besoin un suivi, un accompagnement et un soutien durant toute la durée de leur apprentissage.

Dans ce cadre, nous offrons :

  • Un encadrement psychosocial,
  • Une aide scolaire individualisée sous forme de mentorat,
  • La coordination de la formation, notamment le suivi des aspects administratifs,
  • Un coaching des situations d’apprentissage problématiques,
  • Le suivi sur la place de travail et le soutien à l’entreprise formatrice (médiation, motivation, etc.).

L’objectif premier est de parvenir à l’indépendance de l’apprenti dans son processus de formation. Il s’agit de lui apprendre à utiliser ses compétences et de l’encourager à trouver des stratégies personnelles satisfaisantes pour répondre aux situations professionnelles auxquelles il est confronté. Nous l’aidons aussi à développer des méthodes d’apprentissage et à planifier ses devoirs.

La fréquence des entretiens se déroule selon un rythme convenu à l’avance. La durée dépend du degré d’indépendance, des résultats et de la satisfaction des uns et des autres par rapport à l’apprentissage. En général, elle est conditionnée implicitement par la réussite de l’apprenti.

Cette mesure a largement fait ses preuves et permet à la plupart des élèves en bénéficiant de mener à bien leur apprentissage. C’est aussi une sécurité pour les employeurs, qui ne signent parfois le contrat qu’à cette condition.

Approche pédagogique

Le sens commun explique volontiers la scolarité chaotique des jeunes confrontés à des problèmes socioprofessionnels et/ou éducatifs et sans formation de base par la paresse, la mauvaise volonté ou des limites intellectuelles. Pourtant, si on se penche sur l’historique de ces jeunes, il s’avère que leur parcours désordonné est bien plus l’effet de traumatismes, de souffrances ou de troubles instrumentaux variés. Ces facteurs, ainsi que l’évidente perte de moral et d’estime de soi qui en découle, concourent au syndrome de désinsertion sociale. Cette population a ainsi très peu de chances de trouver un apprentissage ou un emploi.

La Préformation a pour objectif de palier les effets dévastateurs de cette désinsertion grâce à une approche pédagogique adaptée à ces parcours difficiles. Si le meilleur moyen connu à l’heure actuelle pour aider réellement les personnes défavorisées, psychologiquement fragiles et d’un bas niveau de qualification scolaire dans leur insertion professionnelle est l’acquisition de compétences et d’un savoir-être professionnel, la restauration de l’estime de soi en est aussi un fondement primordial.

Avant toute chose, nous estimons qu’il est nécessaire de créer une relation avec l’élève, car il s’agit d’un prérequis incontournable à l’enseignement de pratiques et de connaissances plus académiques et au placement de l’élève dans un cadre qu’il soit capable d’accepter. Selon nous, ce lien ne peut être établi que sur des bases de bienveillance et de respect et sur l’intention de développer une relation authentique.

Nous pensons aussi qu’une condition essentielle et indispensable à la valorisation et à la restauration d’une image de soi positive est le respect authentique du jeune et de ses valeurs. Le mode d’intervention et de dialogue de la Préformation est donc fondé sur les principes de l’écoute active et de l’accueil sans jugement. Par exemple, nous ne doutons pas des propos du jeune. La récurrence des retards, des absences ou de toutes autres difficultés de se mettre au travail constituent plutôt la matière, la substance des entretiens. Ces « symptômes » nous offrent en fait l’opportunité d’approfondir notre relation avec le jeune et de découvrir la nature de ses difficultés, afin de l’aider à les accepter, puis de travailler à les dépasser. Ce mode relationnel nous offre la possibilité de créer les conditions d’écoute nécessaires à l’évaluation du degré de mal être du jeune tout en lui procurant le sentiment d’être entendu, et surtout compris.

En ce qui concerne le choix du projet personnel, toute la finesse réside dans la sélection d’une proposition qui représente un défi pour le jeune sans pour autant le décourager par un niveau de difficulté trop élevé. Cette adaptation personnalisée du niveau de difficulté permet aussi d’appliquer le processus de la Préformation à des personnes sujettes à des limites intellectuelles. Au niveau matériel, l’état des locaux, la propreté des lieux et un outillage de qualité, sont, à notre avis, les premiers facteurs d’importance quant à la représentation sociale de la valeur du lieu dans lequel l’adolescent travaillera et, partant, de la sienne propre.

La force de notre stratégie réside dans le fait qu’elle est authentiquement qualifiante. Contrairement à la réalisation de travaux de production, la fréquentation de l’atelier de préformation met l’accent sur la personne : il s’agit pour les jeunes de découvrir leurs talents, de prendre de l’assurance et d’enrichir leurs connaissances. Les élèves placés dans ce contexte sont encouragés concrètement à progresser.

L’évolution de l’estime de soi du jeune est manifeste pour les préformateurs. Au moment du choix du projet, le jeune ne se sent souvent pas apte à l’accomplir. Mais quand, après un long cheminement, il parvient à le mener à bien et que les différents adultes qui l’encadrent le félicitent sincèrement, il éprouve une fierté susceptible de l’aider dans la reconstruction de son estime. Celle-ci sera encore nettement consolidée lorsque, après avoir douté, le jeune aboutit dans sa démarche de recherche d’apprentissage et que celle-ci correspond à son souhait et à ses possibilités. Alors, une partie du long chemin vers la restauration de l’image de soi est accomplie.

Prendre soin de l’élève, poser des exigences, mais de façon bienveillante, c’est reconnaître le jeune au travers de l’attention qu’on lui porte. L’action que nous menons se montre ainsi accueillante et gratifiante et est sans cesse en évolution car aucune certitude ne nous habite. Elle a rencontré un degré de réussite important, en permettant à de nombreux jeunes d’éviter une hospitalisation en milieu psychiatrique ou de rebondir de manière spectaculaire.

La Préformation et la Pensée Neurosystémique et Pratique (PNP)

Auparavant, nous avions comme modèle pédagogique l’apprentissage des règles et du comportement attendu d’un jeune à sa place de travail dans un cadre relativement autoritaire. Cette façon de faire a généré, au travers de nos confrontations, de la violence et un mal être, tant chez les élèves que chez les professionnels. Elle nous a naturellement conduits à exclure de ce contexte ceux qui ne pouvaient s’y adapter.

Face aux difficultés rencontrées, nous avons empiriquement modifié nos exigences pédagogiques, en lâchant certaines au profit d’une plus grande bienveillance. L’introduction des concepts de la PNP a confirmé les options prises et nous a offert un socle conceptuel riche de ressources. L’évolution de notre posture pédagogique a permis de créer une atmosphère très favorable à la progression des jeunes en difficulté.

Notre accompagnement se fonde sur les postulats suivants :

  • Personne n’a pour projet de rater sa vie.
  • La paresse et la fainéantise n’existent pas. Il s’agit plutôt d’une réponse à la souffrance que les jeunes éprouvent, en réaction soit à leurs échecs, soit à leurs trajectoires de vie difficiles.
  • Pour retrouver le goût de l’apprentissage et de la construction d’un projet professionnel et de vie, le jeune doit renouer avec le plaisir et la confiance en lui et en ses propres capacités.
  • Chacun est à la conquête de sa valeur et de sa reconnaissance par les autres.
  • Nous avons tous des compétences, le tout est d’en prendre conscience.
  • Nous avons du temps pour progresser. Avant 25 ans, le cerveau n’est pas finalisé et conserve même une certaine plasticité au-delà.
  • Une relation authentique se construit sur le sentiment d’être compris et reconnu inconditionnellement.
  • La confiance entre les formateurs et les adolescents se tisse progressivement, elle ne se décrète pas.
  • L’estime de soi résulte de la reconnaissance authentique de ses propres valeurs ; elle est le fruit des postulats précédents.

La PNP est une pédagogie fondée sur un accueil bienveillant et exigeant. Nous n’acceptons pas les retards, les absences injustifiées ou les refus de travailler. Cependant, ces comportements constituent la substance de notre intervention. Ils ne sont pas sanctionnés par une punition, une forme de réparation quelconque ou des menaces d’exclusion.

Au travers d’entretiens hebdomadaires conduits par le référent du jeune, nous soulignons ses réussites et, progressivement, nous pouvons parler de ses difficultés. Les questions centrales sont :

  • Quels sont tes progrès?
  • De quoi es-tu fier?
  • Qu’as-tu réussi dernièrement?
  • Quel problème t’empêche de répondre positivement à tes objectifs?

Il convient ici de distinguer le jeune de ses difficultés afin de s’allier avec lui contre son problème.

  • Que peut-on faire ensemble pour améliorer la situation?

Il s’agit de mettre en place des objectifs mesurables et accessibles, pour passer du rôle de spectateur-victime à celui d’acteur de sa vie.

  • Quels sont les indicateurs qui montreront que tu as progressé?

Il ne s’agit donc pas de lâcher les exigences mais d’aider le jeune à s’approprier le projet et à devenir responsable de sa vie.

Notre position éducative se fonde sur des mots clés qui sont : la réussite, le plaisir, la sécurité, l’accueil inconditionnel, la bienveillance, l’exigence, l’investissement de chaque situation, le non-jugement et la prise en compte des capacités de chacun, de là où il en est et pas de là où on voudrait qu’il soit.

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